Bulletin du Comité de l’Asie française (1901-1940)

Mensuel fondé en avril 1901, le Bulletin du Comité de l’Asie française est une des publications sœurs du Bulletin du Comité de l’Afrique française* (BCAF) auquel il ressemble fort mais qui accuse cependant quelques différences.

Au titre des ressemblances, il est créé à un moment où les tenants de l’expansion coloniale française croient à des prises de gages possibles sur un territoire immense. Cette fois-ci, il ne s’agit plus de l’Afrique mais du démembrement annoncé de la Chine. L’initiative de la création de la revue revient à Paul Levé, un officier spécialiste de la pénétration du Sahara et du Maroc qui double ses expériences militaires et politiques d’une bonne connaissance du monde de la presse parisienne. N’ignorant pas le profit que l’on peut tirer d’une revue spécialisée sur l’Asie, il s’en fait le promoteur auprès du député Eugène Etienne, le président du groupe colonial à la Chambre, qui accepte d’en devenir le président.

Au titre des différences, il apparaît d’emblée que les chroniqueurs du BCAsF sont plus outillés et mieux documentés que leurs prédécesseurs, mais en réalité, la revue se situe simplement dans la continuité. De plus en plus efficace, le « parti colonial » sait repérer les chroniqueurs compétents : la colonisation est devenue une affaire de spécialistes. À la fois outil d’influence et de renseignement, il est plus clairement élitaire que la revue précédente.

Le premier rédacteur en chef du BCAsF, Robert de Caix de Saint-Aymour, est directem%nt iSsu!de l’équipe du BCAF. Le Bulletin reçoit le soutien financier des chambres de commerce, du gouvernement général de l’Indochine, de la famille Rothschild et se donne pour mission « d’éclairer l'opinion tant au sujet du travail qui s’accomplit en Chine que de l’organisation raisonnée de l’Indochine ». Les études du BCAsF ne s’arrêtent pas à l’Asie du sud-est puisqu’elles abordent aussi les problèmes posés par la « Question d’Orient », celles liées à l’évolution économique de la Perse. Dans la mesure où, en 1901, la rivalité avec l’Angleterre reste encore très prégnante, l’observation de « l’Asie anglaise » et de « l’Inde anglaise » tiennent une place de choix dans les chroniques du BCAsF. En 1909, le Bulletin du Comité de l’Asie française change de nom pour s’appeler plus simplement L’Asie française. À cette date, l’intérêt des rédacteurs se tourne très clairement vers l’Empire ottoman dont on envisage déjà le démembrement. Robert de Caix cesse d’être un spécialiste de la Chine et du Siam pour s’intéresser presque exclusivement au Levant. Devenu l’adjoint civil du général Gouraud* en Syrie en 1919, il est remplacé par Henri Froidevaux, agrégé d’histoire et de géographie. Le Bulletin du Comité de l’Asie française disparaît en 1940.

Julie d’Andurain



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